vendredi 19 février 2010

Saigon vu par...


Etre à Saigon m'a ramenée à plein de souvenirs de lectures et de films. Jeune femme, j'ai vu, comme tout le monde, certains films sur la guerre du Vietnam dont certains sont devenus des films cultes (Apocalypse now, Full metal jacket, Coming Home, Good morning Vietnam, etc); toujours à la même époque, j'ai lu différents romans de Marguerite Duras qui plongeaient le lecteur dans une Indochine alanguie et magique; plus tard, j'ai vu mon premier "musical", en 1992, à Londres, et c'était -je vous le donne en mille- Miss Saigon. Finalement, il y a deux ans, pendant une semaine de pluie, évidemment en juillet, dans un chalet de Saint-Alexis-des-Monts, j'ai lu "L'exposition coloniale", roman d'Erik Orsenna que j'ai beaucoup aimé et qui nous ramène dans l'ancienne colonie au début du XXe. Beaucoup d'intercesseurs donc entre cette ville et moi et tout cela me laisse une drôle d'impression. On dit souvent que les livres sont mieux que les films. Les films, eux, sont-ils mieux que la vie?

Je me suis attardée deux fois autour de l'hôtel Continental (haut lieu de toute cette époque) et j'ai essayé de le ressentir directement, au présent, sans intermédiaire. Mais des images s'imposaient, se surimposaient, entre autres celles d'un film vu ces dernières années, The quiet americain, d'après un roman de Graham Greene.

Bref, ma question reste posée et demeure sans réponse si ce n'est celle proposée par François Truffaut, dans un de mes films préférés:"La nuit américaine". A un Alphonse (personnage délicieusement incarné par le tout jeune Jean-Pierre Léaud) amèrement déçu de sa courte relation amoureuse avec une magnifique Jacqueline Bisset, le réalisateur, joué par Truffaut lui-même, atteste: "Les films sont mieux que la vie."

Si François Truffaut le dit...

N.B. En effectuant quelques petites recherches, j'ai lu que Graham Greene, suite à un concours de circonstances incroyables, a fait une apparition dans ce film de Truffaut sans que celui-ci ne soit mis au courant. Après coup, Truffaut en a été très déçu, car l'admirant comme écrivain, il aurait aimé le saluer.

Est-ce cela que notre ami Languirand appelle la synchronicité?

1 commentaire:

  1. Un des grand plaisirs de la lecture est de pouvoir lire une oeuvre en étant à l'endroit où elle se déroule. Tout comme aller sur les lieux qu'auparavant on ne connaissait que par un film est une joie, un instant volé à l'éternité.
    Dans les deux cas, c'est un peu comme si nous faisions partie de ce que nous lisons ou de ce que nous avons vu. Alors, notre vie est aussi belle que les films ou que les livres.

    Et n'est-ce pas ce après quoi nous courrons, l'éternité?

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